Roman à découvrir: Je vous écris dans le noir

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Auteur: Jean- Luc Seigle

Je vous écrit dans le noir

Année: 2015
Editeur: Flammarion
Roman. 233 pages

En 1953, trois ans après l’assassinat de son ex-fiancé Félix Bailly, Pauline Dubuisson est condamnée à la prison à perpétuité. Pour la première fois, le ministère public avait requis la peine de mort pour un crime passionnel et personne, pas même Simone de Beauvoir, ne s’en était émue.
En août 1991 encore,  Jean Cau écrivait  dans Paris Match, qu’il ne pouvait éprouver de compassion pour Pauline Dubuisson « cette dure garce ».
Pourtant, l’écrivain Jean -Luc Seigle revisite son histoire en se plaçant, cette fois, du côté de l’intéressée.
Pauline a grandi à Dunkerque dans un milieu bourgeois, dont le père, devenu entrepreneur,  était un ancien colonel de la guerre de 1914. Brillante élève, elle envisage de devenir  médecin. Mais c’est la guerre et l’occupation. La famille est bouleversée. Deux de ses frères viennent d’être tués, sa mère ne va pas bien et Pauline, en contrepartie, est prise d’une frénésie de vivre. Son père lui demande, dans un premier temps, d’aller travailler   à l’hôpital de Dunkerque où il la « livre » à un médecin allemand. Son salaire : elle devient sa maîtresse et rapporte de la nourriture à la maison.
A la Libération, les cloches sonnent dans Dunkerque mais c’est aussi l’occasion d’assouvir les  vengeances. Pauline, âgée de 16 ans et demi, est intégralement tondue en public, des croix gammées sont peintes sur ses seins et elle subit un viol collectif.
Elle n’échappe à la peine de mort que grâce à son père. Il plaide le sacrifice de ses deux fils et son passé d’ancien de Verdun.
Pauline quitte alors la région, entreprend des études de médecine mais devra désormais  composer avec ce traumatisme et porter ce lourd secret.
Au cours de ses études, elle rencontre Félix. Elle avoue son passé.  Il s’éloigne d’elle. Une femme comme elle ne peut pas entrer dans sa famille (de Résistants). Elle le tue et passe aux Assises. L’ancienne histoire resurgit et elle est condamnée à perpétuité mais sera libérée pour bonne conduite, après 9 ans d’incarcération.
Cependant,  Pauline  ne connaît pas de répit. Clouzot sort un film sur sa vie étrangement  intitulé « la Vérité » avec Brigitte Bardot. Pauline s’enfuit alors à Essaouira au Maroc et change de nom. Elle exerce comme interne à l’ hôpital. Elle rencontre, en la personne de Jean, un nouveau bonheur possible. A t-elle osé avouer son passé ? Quelle a été sa réaction ?
Pauline se suicide. On retrouve, auprès d’elle, des cahiers aujourd’hui disparus.
Jean Luc Seigle les a imaginés. Son récit est, avant tout, un plaidoyer contre les jugements hâtifs et les condamnations aveugles.
Lu par Jeanne Diridollou

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